Gagner du temps, économiser l'énergie, sauver des vies ? Les Smart Cities et le débat sur le changement d'heure

István Laskai - Business Segment Manager Road
István Laskai
Road Business Segment Manager

Les feuillages prennent leurs couleurs mordorées, les nuits s'allongent et on parle déjà des fêtes d'Halloween ou du Nouvel An. Le débat annuel sur le changement d’heure refait lui aussi surface. En 2021, les horloges « reculeront » encore d'une heure le 31 octobre dans la plupart des pays européens et le 7 novembre aux États-Unis. La Russie et la Chine, elles, ont déjà renoncé au changement d’heure il y a des années. 

Avancer les horloges d'une heure au printemps et les reculer d'une heure en automne est loin de faire l'unanimité. Proposé au XIXe siècle par des sommités, dont Benjamin Franklin et l'arrière-arrière-grand-père du chanteur de Coldplay (si, si), le changement d’heure était un moyen d’allonger la journée de travail pour une foule de travailleurs, notamment de plein air.

Aujourd'hui, des voix s'élèvent pour demander sa suppression. Selon une étude de la RAC Foundation au Royaume-Uni, dans les deux semaines qui suivent le changement d'heure d'octobre, on note une augmentation marquée des accidents de la route avec blessés. Selon la Royal Society for the Prevention of Accidents, outre les problèmes de sécurité routière, l'abandon du changement d‘heure se justifie par ses répercussions négatives sur les hôtels, restaurants et cafés, le secteur du tourisme en général et la santé mentale et le bien-être des individus

Le débat a même atteint les sphères du Parlement européen, qui avait voté la suppression des deux changements d'heure annuels en 2018 avant que la crise sanitaire et le Brexit ne relèguent ces propositions au placard. Schréder n'est pas là pour débattre des aspects positifs ou négatifs du changement d'heure. Nous tenons simplement à aider nos clients à améliorer la sécurité dans l’espace public, pour tous, tout au long de l'année.
 

D’une programmation horaire à des scénarios avec capteurs

Dans l'hémisphère nord, l’éclairage public est soumis à un calendrier dicté par l'État. Il change deux fois par an pour s’adapter aux nuits plus longues en hiver et plus courtes en été. Ces calendriers centralisés peinent à tenir compte des aléas de la météo, de la variété du trafic routier et des disparités régionales (p. ex., en hiver, Londres reçoit plus de lumière que les Highlands d’Écosse, bien qu'ils soient tous deux dans le même fuseau horaire). 

Eurostat indique que le matin et le soir sont des moments particulièrement accidentogènes, sans doute en raison des déplacements domicile-lieu de travail. Il y a jusqu'à deux fois plus de décès de piétons en hiver qu'entre mars et juin. En outre, les piétons courent un plus grand danger sur les voiries urbaines. Lorsque l'éclairage est de mauvaise qualité, les piétons sont moins visibles pour les autres usagers de la route. Les accidents impliquant des piétons sont donc plus fréquents et plus graves.

Pendant la semaine de travail, on observe un pic plus marqué le matin et le soir pour les décès de piétons par rapport aux autres décès sur les routes.
 

Observatoire européen de la sécurité routière

Une ville vraiment intelligente changera la donne en installant des capteurs qui activent l'éclairage public à la tombée de la nuit, quelle que soit l'heure. Au lieu de se calquer sur deux grands changements d'heure annuels, ces capteurs de lumière du jour déclenchent l'éclairage au bon endroit, au bon moment, quelques minutes plus tôt ou plus tard chaque jour au gré des besoins. Les luminaires peuvent donc s'allumer par temps gris en cas de météo défavorable. 
 

Un éclairage adapté quatre fois par heure, pas deux fois par an

Le Bois de la Cambre à Bruxelles était un banc d'essai idéal pour un éclairage innovant. Ce grand parc urbain du sud de Bruxelles est une artère majeure pour entrer en ville pour le trafic automobile, les bus, les cyclistes et les piétons. Au printemps 2021, Schréder a réalisé un projet pilote avec Sibelga, le gestionnaire des installations urbaines. L’intensité des 72 luminaires à LED en bordure de route est désormais ajustée sur la base de données en temps réel et non d'un programme prédéfini.

Bois de la Cambre - Bruxelles - CITEA dimming 50%

Trois types de données sont collectées : la météo, le trafic et l'emplacement des passages pour piétons. Ils servent à calculer les niveaux d'éclairage idéaux pour chaque point lumineux. Le cas échéant, l'éclairage est ajusté tous les quarts d’heure pour se calquer sur les conditions changeantes, en temps réel. L’éclairage est automatiquement atténué quand la densité du trafic est faible et que les conditions météorologiques sont bonnes. En cas de pluie ou de grand vent (susceptible de provoquer la chute de branchages sur la voirie), le niveau d'éclairage n’est pas atténué. Les passages pour piétons restent alors éclairés à 100 % en permanence. Les économies d'énergie sont impressionnantes.

Avec un système de type Smart City qui offre le contrôle au client au travers de solutions 100 % interopérables, on regarde le ciel, pas l'horloge. Schréder dispose d'une vaste gamme de solutions d'éclairage urbain et autoroutier compatibles avec nos systèmes de télégestion et des systèmes tiers, afin de créer des solutions véritablement intelligentes pour les routes du monde entier.
 

La lumière juste, toute l'année

Dans la superbe province d’Algarve au Portugal, Portimão est une ville qui accueille des centaines de milliers de visiteurs pendant la saison touristique. L'été, ses rues et ses routes sont très fréquentées. En hiver, c’est l’accalmie. Afin d'assurer la sécurité et le bien-être des habitants et des visiteurs, la ville a investi dans la sécurisation de ses passages pour piétons

Smart lighting system has enabled the city of Portimao to improve safety on its roads during the hours of darkness

Sans l'aide d'ingénieurs, la municipalité a opté pour un système d'éclairage NEOS LED. Ses optiques font en sorte que les passages pour piétons de la ville se distinguent et puissent être vus de loin, que les piétons soient bien visibles et que l'éblouissement soit réduit au minimum pour les conducteurs. Le système combine un faisceau vertical pour créer un contraste net avec les luminaires proches et un faisceau horizontal pour un éclairement uniforme sur la chaussée. 

L'un des petits bonheurs à Portimão, c’est de flâner sans regarder sa montre. Les villes intelligentes, dotées de capteurs pour commander l'éclairage public, peuvent aussi faire abstraction de l’horloge. Que votre pays applique ou non le changement d’heure, il peut être utile de réfléchir aux modalités d'éclairage des voiries en toute sécurité, tous les jours de l'année. Telle est la mission de Schréder depuis plus d'un siècle.
 

A propos de l'auteur
István Laskai compte 25 années de carrière dans la vente, le marketing, le développement de produits et la formation en éclairage. Mu par une recherche constante de la meilleure compréhension des besoins des clients, il a acquis une vaste expérience en éclairage routier et urbain dans toute l'Europe. István a rejoint Schréder en 2016. Aujourd’hui, il veille au développement de produits d’éclairage routier avec une technologie de pointe pour anticiper les défis de nos clients et y répondre. 
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